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16 millions de plus pour Univercells

26 Novembre 2018 |
Univercells
Univercells propose des plateformes de production de médicaments biologiques. Cet été, plusieurs investisseurs ont été séduits par la double promesse économique et sociétale de l’entreprise. Rencontre avec Hugues Bultot, CEO d’Univercells.

Pour quel(s) projet(s) avez-vous lancé et obtenu cette levée de fonds de 16 millions d’euros ?
Hugues Bultot : « Malgré la demande, certains vaccins (fièvre jaune, rage, hépatite A, etc.) sont sous-produits au niveau mondial. Or, un déficit de capacité de production influence le prix de ces vaccins, leur accessibilité et la couverture vaccinale de la population.
Nous souhaitons développer un deuxième vaccin (1) qui sera produit grâce à notre plateforme de bioproduction, NevoLine™. Grâce à notre technologie innovante, notre plateforme a des coûts d’investissement et de production ainsi qu’une empreinte au sol dix fois inférieurs aux plateformes actuellement sur le marché. NevoLine™ permet donc de diminuer le prix de tels vaccins et, par conséquent, de les rendre accessibles pour tous. Le but ultime étant d’augmenter le taux de vaccination mondial. Nos investisseurs (2) ont été séduits par cette double promesse économique et sociétale. »


Quelles retombées pourraient avoir vos projets en Belgique ?
« Nous sommes nés grâce à l’écosystème du Biopark. À l’origine, nous développons des solutions innovantes de production pour des tiers. Cela dit, nous avons l’ambition de produire nos propres médicaments biologiques de qualité. Et, à terme, nos solutions technologiques pourraient nous permettre de rapatrier certaines chaînes de production en Belgique. Mais pour cela, nous devons terminer de convaincre les financiers de la crédibilité de notre projet. Pour rappel, le monopole de la production de biologiques (vaccins et protéines recombinantes) est détenu par les firmes pharmaceutiques. Or, il y a de la place pour un acteur indépendant comme Univercells ! »

Est-ce la raison pour laquelle Univercells se tourne de plus en plus vers l’international, notamment pour trouver des investisseurs ?
« Oui, car comme dit l’adage, nul n’est prophète en son pays ! C’est à l’étranger que notre modèle d’affaires s’exprimera le mieux. Produire un vaccin antirabique en Afrique et en Asie, par exemple, aurait du sens. Après tout, ce sont principalement sur ces continents que la rage fait ses victimes. De plus, les possibilités de financement sont plus importantes aux États-Unis, en Asie du Sud-Est et dans les pays émergents. En Europe, il est plus difficile de convaincre les investisseurs de parier massivement contre les acteurs traditionnels de la production de biologiques. Nous avons déjà bien avancé, mais il reste du chemin à parcourir pour convaincre tout le monde. »

Notes :
(1) En 2016, Univercells a reçu une subvention notamment de la Fondation Bill et Melinda Gates pour développer une plateforme de production du vaccin contre la polio. Ce projet arrivera à terme fin 2018.
(2) Les investisseurs sont Global Health Investment Fund (USA), Korea Investment Partners (Asie), The Innovation Fund, Inventures II, TheClubDeal (Belgique), suivis d’investisseurs privés belges.
Candice Leblanc