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Une cellule parmi des milliers

26 Novembre 2018 |
Cellules
Deux laboratoires de l’IBMM ont reçu un financement « Grands Equipements » du FNRS pour l’achat d’un trieur cellulaire. La technique permet d’isoler des cellules peu abondantes possédant des caractéristiques bien précises. Elle sera utile pour approfondir notamment les recherches en microbiologie.

L’appel « Grands Equipements » du FNRS permet aux chercheurs d’acquérir des équipements coûteux, mais nécessaires à leurs recherches. Les laboratoires de Carine Van Lint et Laurence Van Melderen (Département de Biologie Moléculaire de l’IBMM) font partie des lauréats de l’appel à financement de 2018. En jeu : un trieur cellulaire coûtant près de 500.000€.

Bactéries persistantes
Un FACS (Fluorescence-activated cell sorting) est un appareil qui identifie et trie les cellules individuellement, sur base d’un marquage fluorescent des cellules ciblées. Ce trieur cellulaire permet donc d’isoler des cellules, possédant des caractéristiques bien précises et cherchées par les scientifiques, au sein d’une population hétérogène. L’acquisition de ce type d’appareil était devenue indispensable pour le Laboratoire de Microbiologie Cellulaire et Moléculaire. Le laboratoire étudie la persistance bactérienne, un phénomène qui permet à certaines cellules bactériennes de tolérer les antibiotiques. « L’observation et l’analyse des cellules persistantes est cependant difficile car il s’agit d’un phénomène se présentant à très basse fréquence dans la population bactérienne globale » explique la directrice du laboratoire Laurence Van Melderen, « Pour mieux comprendre ce qu’il se passe dans une cellule persistante, quels gènes sont activés, etc., il est nécessaire de tout d’abord les isoler de toute la masse de bactéries ‘normales’. Le FACS sera donc extrêmement utile ».

Trier des populations différentes
Même besoin du côté du Laboratoire de Virologie Moléculaire, qui étudie le phénomène de latence du VIH-1, l’agent étiologique du SIDA. La latence permet au virus de rester « caché » au sein de certaines cellules infectées, sans être repéré par le système immunitaire. Comprendre ce phénomène est donc essentiel pour pouvoir, un jour, proposer un traitement curatif du SIDA visant à éliminer ces rares cellules latentes, obstacles majeurs à l’éradication de la maladie. L’acquisition du FACS permettra d’isoler les cellules qui sont en latence, mais aussi d’aller un cran plus loin : « Parmi ces cellules latentes, nous pourrons distinguer différentes populations, possédant chacune des marqueurs de surface bien précis. Nous pourrons ensuite étudier à quoi correspondent ces différents marqueurs et comment ces populations contribuent différentiellement à la pathogénèse », explique la directrice du laboratoire Carine Van Lint.

Rendez-vous au printemps
Ces études seront donc bientôt possibles, suite au soutien du FNRS. Le nouvel équipement sera localisé dans le laboratoire de biosécurité 2 de l’IBMM et accessible aux autres chercheurs du Biopark, via une intégration dans la plateforme de cytométrie du campus en cours de structuration. La phase d’achat est en cours et les équipes testent actuellement plusieurs modèles de FACS : la livraison et l’installation définitive sont prévues au plus tard pour le printemps 2019.

Natacha Jordens