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Renforcement de la recherche translationnelle

26 Février 2019 |
Recherche tanslationnelle
En mars, une douzaine de chercheurs de l’Institut d’immunologie médicale (IMI) s’installent sur le campus de l’Hôpital Erasme. Objectif : renforcer les liens entre recherche fondamentale et clinique. Rencontre avec le Pr Arnaud Marchant, directeur de l’IMI.

Pourquoi déplacer une partie des activités de recherche en immunologie à Bruxelles ?
Arnaud Marchant : « La recherche dite translationnelle consiste à créer et consolider les ponts entre recherche fondamentale et recherche clinique. Ces deux approches sont de moins en moins séparées, particulièrement en immunologie. En déplaçant une partie des activités et du personnel de l’IMI sur le campus d’Anderlecht (1), nous souhaitons renforcer les liens existants et amorcer de nouvelles collaborations avec les laboratoires et les cliniciens du réseau : l’Hôpital Erasme, bien sûr, mais aussi l’Institut Jules Bordet et le CHU Saint-Pierre. Ce rapprochement est synonyme de nouvelles opportunités. Les chercheurs et les cliniciens pourront communiquer davantage et l’organisation de la recherche en sera facilitée.
En étant actif à Gosselies et à Bruxelles, l’IMI souhaite aussi renforcer les liens entre les deux campus. »


Quels chercheurs de l’IMI sont concernés ?
« Il s’agit surtout de chercheurs qui travaillent sur l’immunologie des maladies infectieuses et les vaccins et sur l’immunologie et l’immunothérapie du cancer. Ces domaines illustrent très bien les allers-retours entre recherche fondamentale et clinique, qui se nourrissent l’une de l’autre. Les liens ne vont pas dans un seul sens. Un exemple : la recherche clinique a confirmé l’efficacité des anticorps neutralisant les récepteurs inhibiteurs dans certains cancers. Cependant, tous les patients ne répondent pas à ces immunothérapies. Pourquoi ? La question a été “renvoyée” à la recherche fondamentale et est en cours d’investigation.
De même pour certaines maladies infectieuses (grippe, tuberculose, infections par le cytomégalovirus ou le VIH, etc.). L’approche de la vaccinologie est de moins en moins empirique et de plus en plus concertée. La recherche fondamentale et les cliniciens avancent main dans la main pour mettre au point les vaccins de demain.
Nous nous réjouissons d’aller sur le campus de l’Hôpital Erasme ! Nous y sommes très bien accueillis par les équipes actives en maladies infectieuses et en oncologie. »


Quel rôle joue l’Institut interfacultaire d’immunologie dans cette initiative ?
« L’Institut interfacultaire d’immunologie de l’ULB – qui réunit des chercheurs des Facultés de médecine, de sciences et de pharmacie – offre un cadre parfait pour renforcer la recherche translationnelle. Certes, l’idée de rapprocher recherche fondamentale et clinique n’est pas nouvelle. Des initiatives allant dans ce sens ont été prises par le passé. Mais les défis modernes de la vaccinologie et les récents succès de l’immunothérapie du cancer stimulent encore davantage la mise en place de structures intégrées et de collaborations plus étroites. Après tout, notre objectif est le même : mieux comprendre les maladies pour, in fine, mieux soigner les patients. »

Notes :
(1) Les chercheurs de l’IMI s’installent dans le bâtiment G/E du campus d’Anderlecht.
Candice Leblanc