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Les cytomètres du Biopark

27 Mars 2019 |
La plateforme de cytométrie de l’ULB à Gosselies est en place depuis près d’un an. En perpétuelle évolution, elle dispose désormais de cytomètres de « nouvelle génération ». De quoi répondre aux besoins de la recherche académique ou privée.

La cytométrie est extrêmement utile dans de nombreuses disciplines. Particulièrement en immunologie où elle représente la technologie de référence. La cytométrie se base sur l’utilisation d’anticorps couplés à des fluorochromes (1) ou de protéines fluorescentes (GFP, YFP etc.). En analysant plusieurs paramètres simultanément sur des cellules en suspension, cette approche permet
  • de discriminer les nombreuses sous-populations de cellules immunes présentes dans un échantillon biologique ;
  • d’explorer l’état fonctionnel de ces cellules, en quantifiant l’expression de facteurs de transcription, l’état d’activation de voies de signalisation intracellulaires ou encore la production de cytokines ;
  • d’isoler des cellules sur base de ces marqueurs (tri cellulaire) et de les étudier.

Jusqu’à 21 paramètres à la fois !

Il y a quelques années, on se limitait à 5 ou 6 paramètres. Le développement de nouveaux fluorochromes a permis d’augmenter considérablement ce nombre.
La plateforme de cytométrie de l’ULB à Gosselies – à cheval entre les Facultés des Sciences et de Médecine (2) – compte plusieurs appareils, dont des postes d’analyse et deux cytomètres « trieurs ». « En fonction des besoins des chercheurs, certains cytomètres permettent d’analyser entre 10 et 13 paramètres tandis que les nouveaux appareils qui viennent d’être acquis peuvent monter jusqu’à 21 paramètres », explique David Torres, chercheur à l’IMI et responsable de cette plateforme.

Gérer du « big data »

Le principal enjeu actuel de la cytométrie est d’analyser de façon pertinente une importante masse d’informations. À cette fin, des approches bioinformatiques d’analyses « non supervisées » deviennent indispensables. « Nous venons d’acquérir un appareil permettant d’analyser à haut débit le transcriptome des cellules individuelles (scRNA-Seq, 10X Genomics). Cette technologie en pleine évolution permet d’étudier l’hétérogénéité de populations cellulaires avec une résolution sans précédent. Ces approches nouvelles sont complémentaires de la cytométrie. Elles vont vite devenir incontournables dans de nombreuses disciplines des sciences du vivant. »

Une plateforme ouverte vers l’extérieur

À l’origine, le but de la plateforme de cytométrie de l’ULB était de répondre aux besoins de la recherche académique. « Mais, très vite, d’autres acteurs – spin-offs, hôpitaux actifs en recherche clinique, etc. – nous ont sollicités pour des prestations de cytométrie », rappelle David Torres. « Outre l’accès aux appareils, la plus-value de la plateforme est l’expertise développée dans le domaine de l’immunologie, que ce soit dans des modèles cellulaires, animaux ou dans le contexte d’étude à partir d’échantillons cliniques. D’ailleurs, nous recevons un nombre croissant de demandes dans ce sens. »

Notes :
(1) Un fluorochrome est un composé chimique capable d’émettre de la lumière fluorescente après excitation (par un laser du cytomètre, par exemple).
(2) Le campus Erasme dispose aussi d’une plateforme de cytométrie.
Candice Leblanc