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Se former à la « biologistique »

28 Mai 2019 |
Conscient des défis auxquels doit faire face le secteur des biotechnologies en matière de logistique, le centre de formation continue ULB HeLSci contribue au développement des compétences des acteurs dans ce domaine.

« Manipuler, conditionner, stocker ou transporter des médicaments et du matériel corporel (humain ou animal) ne s’improvise pas », explique Béatrice Goxe, ingénieure de formation au centre de formation ULB HeLSci. « Il y a toute une série de règlementations et de procédures qui doivent être mises en place et respectées. »

Transport à risque
Les produits à base de cellules sont particulièrement délicats à transporter. Les conditions de température, souvent au froid, doivent être maintenues constantes sur toute la durée du voyage. Ce sont des produits à haute valeur ajoutée, qui entrainent des coûts importants en matière de transport, de packaging et d’assurances. Ce sont aussi des matériaux catégorisés à risque biologique et, donc, soumis à des règlementations particulières. Les personnes responsables de la logistique doivent être conscientes de ces paramètres et agir en conséquence lors de l’envoi et la réception de ces matériaux particuliers.

Conscientiser les (futurs) biologisticiens
ULB HeLSci développe un riche catalogue de formations. Pour répondre à la demande du terrain et former des biologisticiens, le centre de formation a développé une collaboration innovante avec le FOREM du Hainaut. « Nous sommes responsables du volet “sensibilisation aux produits cellulaires” de cette formation en biologistique », explique Béatrice Goxe. « Pendant dix jours, nous apprenons aux participants les particularités du matériel vivant : ce qu’est une cellule, comment elle se cultive, à quel point elle est fragile, longue et coûteuse à produire. Notre but : leur donner une meilleure idée de ce que représente le produit biologique qui leur est confié. »
Les participants découvrent ainsi le matériel, les procédures et le vocabulaire utilisés dans le secteur des biotechs. « Des termes comme “salle propre”, “pipette”, “hotte à flux laminaire”, etc. sont loin d’être connus par tout le monde ! Or, c’est indispensable pour celles et ceux qui transportent ce type de matériel. »

Un secteur en plein essor

La biologistique répond à un véritable besoin du secteur biotech (entreprises et centres hospitaliers) dans son ensemble. Un besoin qui va croissant. En 2018, la Belgique a exporté pour près de 43 milliards d’euros de produits (bio)pharmaceutiques. La même année, Brussels Airport a vu son fret pharma augmenter de 32 % par rapport à 2017. La région carolo et le Biopark ne sont pas en reste. « De nombreuses entreprises du Biopark passent aux stades cliniques, avec une production industrielle croissante », commente Béatrice Goxe. « Leurs besoins en transports ne vont faire qu’augmenter dans les années à venir. Raison pour laquelle nous proposons aussi aux entreprises comme aux centres hospitaliers des formations ou séances d’informations “sur mesure”, sur des questions précises de biologistique. »



Candice Leblanc