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Graftys et ses « ciments » osseux

25 Juin 2019 |
Grâce à une récente levée de fonds, Graftys va pouvoir développer ses activités commerciales et élargir sa gamme de ciments osseux synthétiques. Rencontre avec Enrico Bastianelli, CEO de l’entreprise belgo-française.

Quelles sont les caractéristiques des « ciments » osseux synthétiques commercialisés par Graftys ?

Enrico Bastianelli : « Nos produits phares se présentent sous la forme de poudre de phosphate de calcium. Mélangés à leur liquide « durcisseur », ces poudres agissent comme des ciments pour du comblement osseux. Le chirurgien orthopédique y trouve plusieurs avantages :
  • Ils sont résorbables et remplacés en quelques mois par le tissu osseux du patient.
  • Ils sont ergonomiques, pratiques et rapides à utiliser. Ils sont commercialisés dans une seringue à double compartiment, qui permet de mélanger directement poudre et liquide. Le ciment peut alors être facilement appliqué et “travaillé”, modelé selon les besoins de l’indication.
  • Ils ont une péremption de 4 ans.
  • En tant que dispositifs médicaux de classe 3, ils répondent aux normes de sécurité les plus strictes. »

Il y a quelques mois, vous avez levé 4,1 millions d’euros auprès d’investisseurs belges et français. Qu’allez-vous faire de ces fonds ?

« Grâce à cette levée de fonds, nous allons réorganiser la production, renforcer les équipes (1) et développer nos activités commerciales et de recherche. Notre objectif est aussi d’atteindre l’autonomie financière d’ici trois ou quatre ans.
Nous conservons une partie de la production à Aix-en-Provence. En revanche, la mise en seringue – qui est actuellement sous-traitée – sera effectuée sur notre site liégeois. Quant au Biopark, il accueille la direction ainsi que les équipes chargées des activités commerciales, règlementaires et cliniques.
Au niveau commercial, nous souhaitons renforcer notre présence sur les marchés européens et américains. Nous aimerions aussi distribuer nos produits en Asie. »


Et en R&D, que prévoyez-vous ?

« L’innovation est au cœur de nos projets de développement. Actuellement, nous travaillons à améliorer et diversifier la gamme existante. Ensuite, notre objectif est de mettre au point des ciments « souples », moins sensibles aux forces de friction et aux cisaillements et plus régénératif. Pour ce faire, nous collaborons étroitement avec le laboratoire CEISAM de l’Université de Nantes. C’est le centre de recherche n° 1 en chimie moléculaire en France. »

Pourquoi avoir choisi le Biopark ?

« C’est un environnement que je connais bien pour y avoir déjà travaillé de nombreuses années (2). Le Biopark a de bonnes infrastructures. Son écosystème facilite le recrutement des talents dont nous avons besoin pour nous développer. Et le soutien de la Région wallonne nous est nécessaire. De plus, nous sommes ouverts aux collaborations, tant académiques que cliniques ou commerciales. À cet égard, le Biopark est un terrain propice pour trouver et amorcer de telles collaborations. »

Notes :
(1) Graftys compte actuellement une vingtaine d’employés. D’ici la fin de l’année, ils devraient être 35.
(2) Enrico Bastianelli a été le CEO de Bone Therapeutics et est l’actuel CEO de Theravet (anciennement BoneVet).

Candice Leblanc